L’année 2026 marque le 400e anniversaire de la mort de Salomon de Brosse, « contrôleur général des bâtiments du roi », à qui Marie de Médicis confia la réalisation du palais du Luxembourg. C’est l’occasion de revenir sur les grandes étapes de sa vie.

Cour d'honneur du palais du Luxembourg - Statue de Salomon de Brosse / © Sénat
 

Salomon de Brosse naît à Verneuil, dans l’Oise, entre 1565 et 1571, dans une famille d’architectes : son père, Jean de Brosse, son grand-père maternel, Jacques Ier Androuet du Cerceau, et son oncle, Jacques II Androuet du Cerceau, exercent cette profession.

Pour ses débuts en architecture, aux côtés de son oncle, Salomon de Brosse travaille aux embellissements du château de Montceaux, propriété de Gabrielle d’Estrées. 

À la naissance du Dauphin en 1601, Henri IV offre celui-ci à Marie de Médicis qui charge Salomon de Brosse d’y aménager une salle de bal et une chapelle. 

Entre temps, l’architecte déploie ses talents au château de Verneuil, son bourg natal, après qu’Henri IV l’a offert à Henriette d’Entragues.

À partir de 1610, la notoriété de Salomon de Brosse s’accroît. Il reçoit des commandes pour dessiner les plans d’hôtels particuliers à Paris. Il conçoit également les pavillons de la grande place de la ville nouvelle d’Henrichemont, voulue par Sully. En province, des notables lui demandent de construire leurs châteaux.

Devenu « contrôleur général des bâtiments du roi » à la mort de Jacques II Androuet du Cerceau, Salomon de Brosse se voit confier en 1615 la construction du palais du Luxembourg par Marie de Médicis. À la demande de la reine, il prend pour modèle le palais Pitti de Florence, où elle naquit en 1575. Tout comme il avait présidé, dès 1613, à la construction de l’aqueduc apportant l’eau d’Arcueil, Salomon de Brosse est missionné par la souveraine pour dessiner les jardins. 

Les travaux sont rondement menés et une partie du palais est habitable dès 1620. Marie de Médicis y emménage, confiant la décoration à Rubens, chargé de réaliser vingt-quatre tableaux retraçant sa vie et celle d’Henri IV.

Tout en achevant la construction du palais du Luxembourg, Salomon de Brosse travaille sur d’autres projets, dressant également les plans du portail de l’église parisienne Saint-Gervais, de la salle des pas perdus du palais de justice de Paris, de la façade du palais rennais du parlement de Bretagne et du temple protestant de Charenton.

En 1623, alors que les travaux du palais du Luxembourg se poursuivent, la reine-mère donne des signes d’impatience. Elle reproche à Salomon de Brosse, d’une part, l’inachèvement du bâtiment et, d’autre part, des dépenses imprévues, les carrières du sous-sol parisien fragilisant les fondations. 

Malade et fatigué, l’architecte démissionne en 1624 mais la construction du palais du Luxembourg se poursuit, et se termine selon ses plans. Il décède deux ans plus tard, en 1626. Il est enterré au cimetière protestant de Saint-Germain, près de la rue des Saints-Pères.

Le palais du Luxembourg peut être regardé comme la réalisation majeure de Salomon de Brosse. Dans son ouvrage consacré au palais de Marie de Médicis, Sara GALLETTI explique qu’il « se distingue de l’architecture de son temps par des dispositions en tous points exceptionnelles qui révèlent l’intelligence déployée par son architecte. » Sur le plan formel, de Brosse « inventa un langage nouveau inspiré du Louvre de Lescot autant que des palais italiens. Il réalisa ainsi une synthèse extraordinaire qui fut la source de tous les développements futurs : François Mansart et Louis Le Vau n’auraient pu concevoir leurs chefs-d’œuvre sans le précédent du Luxembourg. »[1]

Pour en savoir plus

[1] GALLETTI Sara, Le palais du Luxembourg de Marie de Médicis (1611-1631), Paris, Picard, 2012, p. 225.