Jeune pilote durant la Seconde Guerre mondiale, puis professeur d’histoire, journaliste et conférencier renommé parmi la communauté des Français vivant aux Etats-Unis, Jacques HABERT siégea, de 1969 à 1998 au Palais du Luxembourg.
Une exposition virtuelle, pour découvrir sa vie.
.
Fils d’un industriel, Jacques HABERT nait, le 26 septembre 1919, à Nesles-la-Vallée, dans le Val-d’Oise. Étudiant au collège Chaptal à Paris, il intègre l’École normale supérieure de l’enseignement technique. Passionné d’aviation, il apprend à piloter le dimanche dans un club de l’Aviation populaire, structure créée par le ministre de l’Air du Front populaire Pierre COT, afin de susciter des vocations de personnels navigants parmi la jeunesse.
Ayant effectué, à la fin des années 1930, une préparation militaire supérieure, il s’engage alors qu’il n’a pas encore 19 ans, -le 9 septembre 1939- se portant volontaire pour servir dans l’aviation. Il obtient son brevet de navigateur-observateur en avril 1940 et accomplit sa première mission le 16 juin suivant. Peu avant que ne cessent les combats, il rencontre Antoine de SAINT-EXUPÉRY sur la base de Toulouse-Francazal.
Après avoir rejoint la Résistance en 1942, au sein du mouvement Ceux de la Libération, il participe aux combats de l’été 1944, dans le maquis de Sologne. Après la Libération, l’officier de réserve de l’armée de l’air Jacques HABERT est envoyé aux États-Unis, à la Mission militaire française de Washington, pour s’entraîner sur des avions américains. Ses faits d’arme durant la Seconde Guerre mondiale lui valent de recevoir la Croix de guerre 1939-1945, la Croix du combattant et celle du combattant volontaire de la Résistance.
Jacques HABERT s’établit finalement aux Etats-Unis en 1945. Passionné d’histoire, il devient enseignant au lycée français de New-York en septembre 1946. Tout en s’initiant parallèlement au journalisme, il s’inscrit à l’Université de Columbia pour compléter sa formation.
Ses travaux portent sur la fondation de New-York, et en particulier sur l’expédition réalisée, en 1524, par Giovanni DA VERRAZZANO (ou Jean de VERRAZANE), au nom du roi de France François Ier. Quatre années de recherche, notamment dans les archives conservées à Rouen, lui permettent d’établir que l’explorateur est bien le premier à avoir accosté au niveau de l’emplacement actuel du port de New York, qu’il nomma d’ailleurs « Terre d’Angoulême ». Cette découverte constitue l’objet de la thèse de Jacques HABERT et lui fournit le sujet de son premier livre en anglais : When New York was called Angoulême. Il publie ensuite un second ouvrage historique, La vie et les voyages de Jean de VERRAZANE.
Les années 1950 le voient consacrer une part croissante de ses activités au journalisme ainsi qu’à la vie de la communauté des Français en Amérique du Nord. En 1953, il devient ainsi le directeur de l’hebdomadaire France- Amérique , fonction qu’il occupera durant vingt ans. Tout en participant aux réunions de la Fédération des Anciens combattants français résidant hors de France, il s’engage au sein de plusieurs associations, en particulier, l’Association nationale des écoles françaises de l’étranger (ANEFE), de même que la Fédération des Français résidants à l’étranger, qu’il préside. Il fonde également la section new-yorkaise de l’Union des Français de l’Étranger dont l’objet consiste à faire valoir les intérêts des expatriés Français dans le monde.
Jacques HABERT s’engage aussi en politique, tout d’abord en qualité de délégué du Conseil supérieur des Français de l’Étranger (aujourd’hui Assemblée des Français de l’Étranger) dès la création de cette structure, en 1948. Il y est ensuite élu en 1954 et y siégera durant près d’un demi-siècle.
.
.
De 1957 à 1967, ses activités journalistiques pour France-Amérique le conduisent à réaliser de nombreux reportages à l’étranger. Il retourne également un mois en Algérie en 1957, pour y effectuer une période de réserve militaire, dont il fera ensuite état, lors d’un débat public en compagnie du sénateur John Kennedy. Son livre : La Vie et les voyages de Jean de VERRAZANE, paru à Montréal en 1964, lui vaut le prix d’histoire de l’Académie française l’année suivante.
Son engagement en faveur des Français de l’étranger prend une nouvelle dimension au cours des années 1960. Dès 1962 il est le suppléant d'Henri LONGCHAMBON, sénateur, représentant les Français établis hors de France. À la suite de la disparition de cet ancien ministre, Jacques HABERT lui succède, le 21 mars 1969, au Sénat où il sera élu le 2 octobre 1971, puis réélu les 2 octobre 1980 et 24 septembre 1989.
Veillant à l’enseignement du français à l’étranger et œuvrant en faveur de la double nationalité, qu’il fait inscrire dans la loi n° 73-42 du 9 janvier 1973 complétant et modifiant le code de la nationalité française et relative à certaines dispositions concernant la nationalité française, il crée, en 1975, et préside l’Association nationale des Écoles de l’étranger, laquelle permettra -au cours des vingt années suivantes- de construire, d’acheter ou d’agrandir 63 écoles dans le monde. Il participe à nombreux projets de coopération internationale, tout en restant membre actif de plusieurs associations d’anciens combattants.
Défenseur des Français établis hors de France, il cosigne deux propositions de loi, en 1990 et 1998, visant à créer un fonds de garantie pour indemniser nos compatriotes en cas d'événements politiques graves dans leur pays de résidence. Il intervient par ailleurs souvent sur les questions de la protection sociale, de l’exercice du droit de vote ou des conditions d'imposition les concernant.
Au terme de sa vie politique Jacques Habert est le doyen des sénateurs français établis hors de France et le plus ancien membre du CSFE. Il fait partie des sénateurs comptabilisant le plus grand nombre d’interventions en séance publique et se distingue par l’ampleur de son implication et de sa participation aux travaux de la seconde chambre du Parlement.
Jacques HABERT ne se représente pas aux élections du CSFE en 1998, tandis que son mandat de sénateur prend fin le 30 septembre 1998.
Passionné, toute sa vie, par l’histoire de France, attaché à sa présence en Amérique du Nord comme à son rayonnement à travers le monde, Jacques HABERT est promu commandeur de la Légion d’honneur, peu avant son décès, survenu à Paris le 6 août 2012, à l’âge de 92 ans.
Intervention de Jacques Habert au lycée franco-mexicain de Guadalajara - 9 mars 1992
Les documents publiés sur cette page ont été donnés aux Archives du Sénat par M. Jean Habert, conservateur général du patrimoine, neveu de Jacques Habert.
RÉFÉRENCEs ARCHIVES du SÉnat :
136EO 1 (1933-2012)
68EO 06 (1967-1975)
68EO 40 (1987-1997)