Maurice Denis (1870-1943), peintre français, a réalisé l'Allégorie de la justice et de la paix en 1928.
Le centre de cette grande toile marouflée installée au plafond de l’escalier du public du Sénat représente deux figures féminines qui incarnent la réconciliation et l’harmonie après la Grande Guerre. Maurice Denis choisit de modifier son projet, initialement prévu pour le Petit Palais, plaçant au cœur de la composition non plus les morts de la guerre, mais l’étreinte symbolique de la Justice et de la Paix , ce qui explique aussi l’évolution du titre : Absorpta est mors in victoria (la mort a été ensevelie dans la victoire) devient Justitia et Pax osculatæ sunt (Justice et Paix s'embrassent) en référence au psaume 84. La Paix est représentée vêtue de blanc, accompagnée d’une jeune femme portant un rameau d’olivier, son attribut de la paix, tandis que la Justice, ceinte d'une couronne, se trouve associée à un homme tenant un glaive et une balance, symboles qui la représentent de façon métaphorique, donnant ainsi à l’œuvre une dimension à la fois religieuse, universelle et patriotique puisqu'elle figure aussi l'immense drapeau bleu, blanc et rouge qui flotte sous l'arc de triomphe et rappelle la Victoire.
Inaugurée solennellement le 28 février 1929 au Sénat, la réception de l’œuvre est unanime et enthousiaste parmi les sénateurs, l'un d'entre eux voyant en Maurice Denis le "sénateur de la peinture". Cette œuvre s'inscrit ainsi dans une volonté politique de valoriser l’unité nationale, l'union sacrée scellée au cours de la Première guerre mondiale.